EMI…Expérience de Mort Imminente…..

Publié le par Superginette

 

 

 

Je l’ai vécu

Je sais que l’on peut appeler une partie de mon chemin de vie de cette façon

Et que je fais partie des gens que l’on nomme des "expérienceurs"

Si aujourd’hui j’en fais le récit, c’est que les personnes qui savent ce que j’ai vécu m’y ont encouragé et me l’ont conseillé vivement

Il m’aura fallut du temps et du dépassement de moi pour arriver à raconter

Je me sentais hors norme, pas crédible aux yeux des autres, peur des moqueries, peur de passer pour une folle aussi

Les premiers à recevoir mes confidences furent les soignants qui composaient l’équipe médicale qui m’a accompagnée

Ils m’ont aidée à redevenir moi-même

pendant ces 4 mois de coma et en tout 8 mois de ma vie

Je continue à voir régulièrement certains d’entre eux.

Ensuite ma fille et ma  sœur et puis quelques amies et amis.

Déjà il faut que je précise qu’en 2005 j’avais déjà fait un coma de 4 jours et que lors de ce coma de terribles cauchemars m’avaient accompagnée, je ne les ai jamais oubliés et parfois ils me hantent encore.

 

En 2010, j’ai subi une opération qui au jour d’aujourd’hui est relativement banale.

J’étais très bien préparée car souffrant d’un déficience respiratoire je savais que je courais plus de risques lors de l’anesthésie.

3 jours après l’intervention j’ai ressenti de douleurs très violentes et intolérables

Infection obligation de ré opérer

Et c’est là que tout a commencé ou devrais je dire continué

 

Mon premier souvenir c’est de m’être retrouvée dans ce monde de cauchemars terribles qui fut le mien en  2005 

ILS était là

ILS m’attendaient

ILS savaient que je serai de nouveau à leur merci

Qui sont-ils ?

Qui est-il ?

Le mal personnifié,  douleurs,  soif,  terre, odeurs nauséabondes, chaines aux pieds, froid, nudité, coups de fouets, impossibilité de me protéger, yeux rouges, rires, souffrance, secte, couleur marron, cordes, peur du sang, blanc partout, cris de douleur, voyage, sable, guerre, tortures, impossibilité de fuir, faiblesse, bruits terribles, hurlements, flammes, feu, menaces de représailles, crachats, coups de poings, brulures, crasse, saleté, animalité, ne plus réfléchir, survivre à tout prix

Ecrans blancs éblouissants

Images des gens que j’aime sur ces écrans

Pièce entièrement blanche

Meubles collés au plafond

Mon lit en dessous terreur

Un grand appartement

Une chambre rien que pour moi un lit normal

Je suis en Angleterre

Les enfants sont là, je sens leur présence mais je ne les vois pas

infirmière

menaces

ricannements

a demain

ne croyez pas qu'on vous laisser en paix

Cimetière d’ici

Crypte funéraire

Bougies crânes macabres

L.....ine, M.....ne

Sète

Le cabanon

Pin

Vigne

Raisins

Sable

Vent

La mer

La barcasse

Les lamparos

Les filets

Grand-père

Maman

Une ile très loin

Une dune de sable  très haute

Prisonnière

Hélicoptère

Révolution

Armes

Odeur de mort

Froid

Laideur

Larmes

Sanglots

Amour

Orgasme

Douceur

Rires

Joie

terreur

 

 

Ces mots sont les mots clefs de cette partie de ces instants de cette vie d’ailleurs

De je ne saurai dire où

 

D’un seul coup, mon corps en bas et moi au dessus

Voix du chirurgien qui explique, blouses vertes, clic des instruments, aucune odeur rien je regarde, du sang, le masque, voix forte, oxygène, les gens bougent vite

 

Je pars dans le couloir en laissant mon corps derrière moi, je suis bien je ne ressens plus de douleurs, une immense paix un immense bien être, le couloir se transforme en un long tunnel blanc, au loin mais pas si loin que çà en fait une éblouissante lumière

Je franchis ce cercle de lumière

Devant moi il y a trois formes, consistance nuage blanc cotonneux

Je sais qu’il y a deux hommes et une femme

Je vais vers eux

Je veux rester avec eux je suis bien je n’ai plus mal, plus soif, je suis en douceur

L’une des formes masculines se retourne et me fait comprendre en pensées que ce n’est pas le moment pour moi de les accompagner au-delà de cette limite

La forme féminine me guide tout doucement, me fait redescendre dans mon corps

Longtemps après ?

Immédiatement après ?

Je ne peux pas le dire, la notion de temps n’existe plus moi

Je me suis « réveillée »

Tuyaux, dans le nez, dans la gorge, dans mon corps, aiguilles dans les bras,  je n’ai aucune force je ne peux même pas émettre un gémissement mais je tourne la tête vers cette énorme machine cet écran ces bips ces lignes vertes, auxquels je suis reliée

Je ne ressens pas de douleur, je suis simplement étonnée de me trouver là, étonnée que ce soit moi

Elle est là, je sais qu’elle est là, elle a pris la forme d’une grosse volute de fumée, elle se déplace comme un nuage, se cache derrière les tuyaux de la machine quand quelqu’un rentre dans la pièce, je souffle dessus je sais qu’elle me sourit, je sais qu’elle ne m’abandonnera jamais et je m’endors paisiblement

A mon réveil elle est là

Et elle me parle, me donne son prénom Chrystelle, elle a 34 ans, elle a eu un accident de voiture avec sa fille et elles sont mortes toutes les deux

Elle, elle, doit avant de pouvoir franchir le cercle de lumière, aider des gens comme moi a revenir dans leur corps car pour moi ce n’est pas encore le moment de franchir à tout jamais le cercle éblouissant de lumière blanche.

Elle a été auprès de moi, je sais qu’elle était là, je sentais sa présence, sa douceur, elle me communiquait un immense bien être.

Elle savait se dissimuler aux yeux des autres, prendre la forme d’un tuyau se confondre avec lui

Et puis un jour je me suis réveillée dans la vie réelle, tout était bien là, le lit, la machine, les bips, les tuyaux, surtout celui de la trachéo, celui de mon nez, la perf, mes poignets bleutés, les marques de piqures, mais elle, elle était partie j’ai eu beau m’endormir pour essayer de la retrouver je n’y suis jamais parvenu, je ne l’ai jamais « revue », je n’ai plus jamais ressentit sa présence bienfaisante, jamais.

 

Cette expérience là je l’ai vécue, c’est la mienne

Je sais que je l’ai vécue, car parait il pendant mes 4 mois de vie ailleurs, que l’on appelle coma, mon visage a, tour à tour, exprimé la peur, la terreur, l’apaisement le bien être

Les gens qui sont venus me voir me l’on dit après.

De l’écrire j’en ai le cœur qui bat peut être un peu trop vite

Ma vie ne sera plus jamais la même

Grâce à cette expérience extraordinaire j’ai eu la force de ne pas rester en fauteuil, de marcher à nouveau, de retrouver toute mon autonomie et de vivre normalement.

J’ai en moi une nouvelle force 

Des incidents de la vie quotidienne ne m’importent pas ou plus comme avant

Je vis de façon bien plus intense, je savoure le plaisir d’exister tout simplement

Je vis de façon animale le bonheur d’être en vie

Je suis une miraculée parait il

8 mois passés à l’hôpital, en état de légume, de dépendance absolue, m’obligent à une forme d’analyse des situations que je n’avais pas auparavant.

Je suis devenue  plus fragile c’est vrai, mais j’essaye d’être en harmonie

avec moi-même le plus possible, de lutter encore plus qu’avant  contre la médiocrité, la bassesse et la bêtise.

J’aime la vie, j’aime ce que je fais, ce que je donne, ce que l’on m’offre

J’aime les gens qui m’ont choisi et que j’ai choisi pour la partager.

C’est mon histoire

Je l’ai vécue

Et j’ose enfin la partager avec vous

 

 

 

 

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Commenter cet article

corinne 09/05/2014 11:05

Il y a une pièce de théâtre qui se joue en ce moment au théaâtre de l'archipel à Paris et qui raconte ce que vous avez vécu,le détachement du corps, le tunnel , la lumière, l'être qui accompagne, elle s'appelle l'autre verssant de la vie. .www.larchipel.net

Eglantine Lilas 24/01/2014 15:20


 wahou ! j'admire ton courage de revivre tout ça et d'avoir pris le dessus sur ce vécu


je me souviens de ton absence en 2010 et de ton retour, tu avais évoqué une maladie mais sans trop de détails... Gigi chapeau pour ton partage ce ne doit pas être facile pour toi.


je suis heureuse de notre "rencontre virtuelle" et tout ça à cause de tes poules 


je t'embrasse

Superginette 24/01/2014 15:30



Merci Eglantine,


Je n'ai pas l'impression d'avoir eu du courage, je n'ai pas eu le choix entre revivre normalement ou rester dépendante des autres.


J'ai toujours aimé la liberté et donc en pensant a tout ce qui me restait a vivre en compagnie de cette liberté j'ai vaincu ma dépendance.


Pas plus compliqué que çà


Bizzz